Financement de la filière hippique française :
Pourquoi menacer un modèle qui gagne ?
En octobre 2006, la Commission Européenne a ouvert contre la France une procédure d'infraction pour entrave supposée à la libre prestation de service en matière de loteries et de paris sportifs, auxquels elle assimile les paris hippiques.

Le 27 juin prochain, la Commission prendra, ou non, la décision de franchir une étape de plus dans cette procédure, en adressant un avis motivé qui remettrait en cause le modèle français : en France, une partie importante du montant total des paris hippiques (8,3 M€ en 2006) rémunère la filière hippique, donc les courses supports des paris (692 millions d'euros).

France Galop et la Société d'Encouragement à l'Elevage du Cheval Français s'alarment des conséquences désastreuses qu'aurait une libéralisation non maîtrisée des paris hippiques :

  • sur la réalité socio économique de la filière :
    - 35 000 emplois dans la filière des courses, soit la moitié des 62 000 emplois directs de la filière cheval (+ 17% en 5 ans) ;
    - de nombreux métiers connexes (maréchaux-ferrants, selliers, vétérinaires, négociants…)

  • sur l'aménagement du territoire :
    - 250 hippodromes et 9400 points de vente structurent l'ensemble du territoire ;
    - plus de 100 000 hectares consacrés à l'élevage, maintenant de nombreux emplois agricoles ;

  • sur la protection du consommateur :
    - l'organisation des paris hippiques en France est exemplaire ; elle est confiée uniquement à des organismes à but non lucratif, les sociétés de courses ;
    - avec le système du pari mutuel, seul en vigueur en France, l'organisme qui recueille les paris n'a pas d'intérêt financier dans le résultat des courses.
Sur ce socle, la France a construit une filière hippique de renommée mondiale : 1er rang mondial pour les courses d'obstacles, 1er rang européen pour les courses de trot, 3° rang mondial pour les courses au galop, plus de 17 000 courses organisées en 2006…

A l'inverse, la libéralisation sans précaution des paris hippiques a fait baisser le nombre de courses en Allemagne de 36% entre 1995 et 2005 et celui des chevaux au départ de 33% ; en Belgique, ces chiffres sont de - 44% et - 33%. Les conséquences sont désastreuses pour la filière: moins d'entraîneurs, d'éleveurs, de jockeys, de personnel d'écurie…

Dans ces conditions, quelle justification, sinon idéologique voire commerciale, y a-t-il à menacer un modèle qui gagne ?

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