Lettre du Président adressée à :
M. François BAYROU
M. Jean Marie LE PEN
Mme Ségolène ROYAL
M. Nicolas SARKOZY
 

Paris, le 8 Mars 2007

Madame la Candidate,
Monsieur le Candidat,

L'avenir des courses hippiques en France, secteur économique fort de 62.000 emplois, est aujourd'hui menacé par la procédure conduite par la Commission Européenne qui fait craindre une remise en cause de l'organisation nationale d'encadrement des paris au nom de la libéralisation du marché des jeux et de la libre prestation des services au sein de l'Union Européenne.

En France, 18.000 courses ouvertes à 29.000 chevaux sont organisées chaque année sur 250 hippodromes qui, avec plusieurs milliers de haras et de nombreux centres d’entraînement, participent activement à l'animation locale, à l'aménagement et au développement du territoire tout en permettant de maintenir l'emploi dans les zones rurales en favorisant la polyactivité, désormais nécessaire à la survie des exploitations agricoles.

Les paris sur les courses hippiques génèrent en France un chiffre d'affaires annuel de 8,2 milliards d'Euros dont plus d’1 milliard revient à l'Etat. Ce modèle économique est cité en exemple dans le monde entier car, fondé sur l'intérêt général, il assure le financement d’une importante filière agricole, la filière "courses et élevage" et contribue également, par le financement du Fonds Eperon, à financer les autres composantes de la filière équine.

Alors que vous avez fait acte de candidature à la Présidence de la République Française, il est important pour tous ceux qui sont impliqués dans l'activité des courses hippiques en France, ainsi que pour tous ceux qui parient régulièrement ou occasionnellement, soit globalement 6,5 millions de personnes, que soit connue votre position sur les points suivants :

 

- comment jugez-vous la démarche de la Commission Européenne tendant à ouvrir le marché national des paris à des opérateurs commerciaux, ce qui entraînerait la remise en cause du système français du pari mutuel qui seul permet un financement satisfaisant d’une importante filière qui ne bénéficie d’aucune subvention.

- estimez-vous que la libéralisation des services en Europe doit également concerner les paris hippiques au risque d’empêcher les Etats de lutter efficacement contre l’addiction au jeu et le blanchiment d’argent ?

- êtes-vous prête à vous engager à préserver le système des courses françaises qui apporte une contribution importante à la collectivité publique et assure le maintien de milliers d'emplois en France ?

Vos réponses à ces questions sont très attendues car elles pourraient conditionner l'avenir des 150.000 personnes qui vivent directement ou indirectement des courses en France.

Par avance, nous vous remercions de vos réponses à ces préoccupations légitimes. Soyez assuré que la Fédération Nationale des Courses Françaises ainsi que les Sociétés-Mères des courses, France Galop pour le galop et la Société du Cheval Français pour le Trot, ne manqueront pas de les diffuser largement auprès de leurs ressortissants.

Veuillez agréer, Madame la Candidate, l'expression de mes sentiments respectueux.

Veuillez agréer, Monsieur le Candidat, l'expression de mes sentiments les plus distingués.

Dominique de Bellaigue
Président du Cheval français

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