

"L'un des acteurs les plus doués de sa génération", aurait pu dire de lui un célèbre animateur de télévision. Peut-être l'a-t-il dit d'ailleurs puisque, de l'avis général, c'est vrai. Avec, peut-être, des suffrages féminins un peu plus appuyés. Depuis 1972, Richard Berry joue, tourne, dirige, compose. Acteur et réalisateur, plus de 60 films à son palmarès, un parcours personnel mêlant épreuves et générosité : l'homme et l'artiste séduisent.
Richard Berry naît le 31 juillet 1950 à Paris. Il grandit dans le quartier populaire de Bonne Nouvelle où il vit une enfance heureuse entouré de ses parents commerçants, de sa soeur Marie-Claire et de son frère Philippe. Puis la famille Berry s'installe à Boulogne-Billancourt. Là, c'est le choc. Confronté à une classe
Quelques années plus tard, il se lance dans le théâtre. Avec succès. Faute d'avoir été premier de la classe, il est Premier prix de Conservatoire en 1972. Il interprète les classiques à la Comédie Française, où il reste sept ans sous l'égide de Jean-Laurent Cochet et Antoine Vitez. Il est Figaro dans Le barbier de Séville. Puis il enchaîne les classiques : Les Fourberies de Scapin, Andromaque, Lorenzaccio sous la direction de Franco Zeffirelli…
En même temps, le jeune comédien vise le grand écran. "Mon rêve secret, c'était le cinéma. On peut aller plus loin parce qu'on est regardé de plus près". En 1972, il joue dans son premier film, Absences répétées, puis dans Une chambre en ville, de Jacques Demy.
En 1981, il rencontre le réalisateur Alexandre Arcady et tourne avec lui Le grand pardon, premier volet d'une saga pied-noir très populaire. Suit La balance, César du meilleur film 1983 et énorme succès. Il enchaîne les tournages et obtient en 1993, avec Le petit prince a dit de Christine Pascal, le prix d'interprétation à Montréal et une nomination pour le César du meilleur acteur.
Apprécié du public, reconnu par la critique, Richard explore d'autres horizons. En 2000, il passe derrière la caméra pour son premier long métrage, L'art (délicat) de la séduction, avec Patrick Timsit. Il fait un détour par la chanson avec un certain bonheur dont témoignent deux albums, Visiteur et Black Out. Il rejoint la troupe des Enfoirés en 1999, enregistre sur CD des Fables de La Fontaine et, plus gravement, lit des textes pour le CD-Rom Les Mémoires de la déportation.
Ses douleurs ? "La peur de la mort a envahi notre famille comme un raz-de-marée dévaste une ville", dit-il en 2005 alors qu'il donne un rein à sa sœur atteinte du syndrome d'Alport, une maladie génétique. Il confesse avoir fait 20 ans de psychanalyse : "J'ai ouvert la boîte noire". Il est le parrain de l'association AIRG, qui soutient les patients atteints de maladies rénales. Richard parraine aussi l'opération Malou de la Fondation de France qui vient en aide aux enfants hospitalisés. Sa détente ? Le cheval, qu'il pratique assidûment. Ses projets ? Le cinéma, bien sûr ! Il prépare son nouveau film, L'immortel, avec Jean Reno.