13è Festival Epona à Cabourg

Le cinéma français a ses caprices. Mais, même si parfois il y met le temps, il finit toujours par reconnaître les siens. Tandis que des météores sombrent rapidement dans l'oubli, la lumière de certains astres nous parvient tardivement pour ne plus nous quitter. Le Festival Epona s'honore d'accueillir le comédien François Berléand, président de l'édition 2007.

En 2000, à 48 ans, François Berléand reçoit le César du meilleur second rôle masculin pour sa prestation d'assureur véreux dans "Ma petite entreprise". C'est pour lui un nouveau départ dans une carrière déjà longue.
Depuis 1973, il enchaîne les spectacles, les pièces de théâtre, joue Claudel et Feydeau, touche à la mise en scène, côtoie l'équipe du Splendid.
En 1977, il s'attaque au cinéma dans "Martin et Léa", d'Alain Cavalier. S'ensuivent, au fil des années, de nombreux films, séries télévisées, téléfilms, courts métrages.

Le grand public apprécie ce comédien sans toujours pouvoir lui donner un nom. Un jour, il confesse au magazine Studio qu'en 1973, alors qu'il suit les cours de Tania Balachova, celle-ci le met en garde : "Elle a déclaré que si je devais faire carrière un jour, ce ne serait pas avant 40 ans… Cette phrase m'a longtemps inhibé."

Barbe de trois jours poivre et sel, profond regard noir parfois inquiétant,

François Berléand impose sa présence et sa silhouette. Du cynique au gentil maladroit, du curé à l'inspecteur de police, du notaire au psychiatre, il compose, il incarne. Pourtant, même dans ses rôles les plus durs, comme le très sévère directeur d'école dans "Les Choristes", le personnage ne parvient pas à nous rendre l'homme antipathique. Le cinéaste Pierre Jolivet a dit de lui : "C'est un acteur tellement bon que quoi qu'on écrive, il y a forcément un rôle pour lui".

François Berléand est né le 22 avril 1952 à Paris, d'une mère française et d'un père russe, importateur en France des premiers gadgets américains dans les années 50. Il voit son enfance troublée, puis son adolescence angoissée par une réflexion de son père : "Toi, tu es le fils de l'homme invisible…" Sa vie en est marquée au point qu'en 2006, il publie un livre de souvenirs : Le fils de l'Homme invisible.

Convivial, empli d'humanité, François Berléand aime la cuisine, les blagues sur les plateaux de tournage, il a le trait d'humour ravageur. Aujourd'hui Chevalier de la Légion d'Honneur, il n'est plus, ainsi qu'il le disait lui-même, "l'acteur le plus anonyme du cinéma français".