S’il n’a fallu que quelques architectes pour imaginer les pyramides ou la muraille de Chine,
il a fallu par contre des milliers de travailleurs anonymes (tailleurs de pierre, porteurs,
maçons, etc.) pour les réaliser.
S’il n’a fallu qu’un homme pour créer les courses au trot, Ephrem Hoüel, il en a fallu des
milliers pour pérenniser son oeuvre.
S’il ne faut que des trotteurs et des drivers pour faire des courses au trot, plusieurs milliers
de bénévoles sont en revanche absolument nécessaires pour faire vivre les 240 hippodromes
français.
Ces bénévoles, la Société du Cheval Français les remercie sincèrement et leur rend un hommage
mérité en leur dédiant la journée du 30 septembre 2007 sur l’hippodrome Paris-Vincennes.

Combien sont-ils ainsi, chaque année, à travailler dans l’ombre pour permettre aux 240 sociétés de courses d’organiser un des loisirs préférés des Français, les courses au trot ? On l’ignore précisément,mais de manière certaine, on peut émettre le chiffre de 6.000 bénévoles sans être taxé d’exagération. A elle seule, la France abrite la moitié des hippodromes européens. Si prospère soit-elle, il lui serait impossible d’entretenir un tel patrimoine qui représente des dizaines de milliers de mètres carrés de bâtiments, des milliers d’hectares de verdure et des centaines de kilomètres de piste. Seul le bénévolat peut permettre de faire fonctionner l’énorme et complexe machine qu’est le trot.

Lorsqu’il ne s’agit pas de techniciens comme les juges au départ (starters), les juges aux allures, les photographes à l’arrivée, les services vidéo, les commentateurs (souvent des journalistes), les guichetiers du P.M.H., parfois les médecins et les vétérinaires, la plupart des autres personnes oeuvrant au fonctionnement de l’hippodrome sont des bénévoles. Il est bien évident que si certains postes sont occupés par des personnes rémunérées, c’est le seul amour du sport et le sens de l'amitié qui, chaque dimanche, poussent des milliers d’autres à consacrer une partie de leur temps de loisirs et de leur vie de famille au service du trot. Pour beaucoup, la tâche ne se limite pas seulement aux jours de courses, mais les accapare une grande partie de l’année, notamment lorsqu’ils occupent des fonctions au sein du conseil d’administration comme celles de président, trésorier, secrétaire, etc.

Les sociétés de courses étant des associations régies par la loi 1901, celles-ci font appel directement au bénévolat. Celui-ci commence donc au niveau de leur gestion, puisque les membres de leur comité et leur président sont des bénévoles. L'argent attribué au secteur des courses devant revenir en priorité à leurs acteurs principaux, les propriétaires, les éleveurs et les professionnels, il n’est pas question de le gaspiller en frais de gestion… Les membres de la société, du plus titré au plus humble, se doivent donc de mettre la main à la pâte les jours de courses. Bien peu de sociétés peuvent, en effet, se permettre d’employer un personnel rémunéré à plein temps ou bien vacataire. Seule une quinzaine de grands hippodromes comme Cagnes-sur-Mer, Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux ou bien des champs de courses possédant également un centre d’entraînement comme Pau ou Mont-de-Marsan peut s’offrir le luxe d’embaucher quelques salariés.